[Critique] Vendetta (2022)

C’est assez difficile de parler d’un film récent de la filmographie de Bruce Willis. L’annonce récente de sa maladie fait qu’il est ardu de regarder l’acteur patauger et se débattre dans les navets qui polluent sa filmographie des dernières années. Et pourtant, il faut bien tenter sa chance… Ce mois-ci, c’est Vendetta qui se pointe le bout du nez avec la critique que voici…

Lorsque sa fille est brutalement assassinée et qu’une justice semble improbable, William Duncan prend la loi en main et se lance dans une quête de représailles. Après avoir tué le voyou qui était directement responsable de sa mort, il se retrouve au milieu d’une guerre avec la famille du défunt…

Vendetta est véritablement un drôle d’oiseau. Foncièrement, le film est terriblement mauvais. Mais, il y a de nombreuses lueurs d’espoir qui font que Vendetta est presque un film recommandable. Presque est le mot clé… L’histoire n’a rien d’original. Nous avons ici le cas classique de père en quête de vengeance. Le divertissement tente d’aborder le sujet avec une approche bien précise. Il tente de nous montrer que celui qui cherche la justice creuse plusieurs tombes, en faisant augmenter les enjeux, étape par étape. Ce qui fonctionne plus ou moins.

Le film est trop cabotin pour réussir pleinement. Par exemple, il introduit deux nouveaux personnages à mi-chemin. Interprétés par Thomas Jane et Mike Tyson, ces deux bandits ne servent absolument à rien, mis à part d’amener de la confusion. Au moins, Jane a un peu de plaisir dans ce rôle minime. Mais les deux acteurs ne sont ici que pour mettre des têtes de plus sur la jaquette du film. Un autre exemple se trouve dans la motivation du meurtre initial. Une motivation que l’on ne découvre qu’aux deux tiers de Vendetta.

Au centre de ce scénario en dents de scie se trouve un trio d’acteurs. Clive Standen, que l’on a pu voir dans la série Vikings, est incapable de porter Vendetta sur ses épaules. L’interprète est très talentueux, mais ici il doit se contenter à jouer le père triste et en quête de vengeance. De par sa construction, Vendetta tente de donner à l’interprète plusieurs chances de s’épanouir, mais Standen n’y parvient tout simplement pas. Au contraire de Theo Rossi. L’ancien motard de Sons of Anarchy réussit un tour de force ici. Malgré une présence qui s’inspire un peu trop du Joker, l’acteur est la principale attraction du divertissement. Même Bruce Willis obtient quelques bonnes présences dans un rôle plus important que prévu. On sent que l’acteur est fatigué. Mais malgré-tout, Willis reste solide comme un roc.

Cependant, comme mentionné plus haut, Vendetta est un film presque recommandable. Le plus grand défaut de l’œuvre se trouve chez son cinéaste, Jared Cohn. Lui et son équipe semblent incapable de faire un bon film. Vendetta souffre d’un abus de filtres bon marché que l’on trouve sur TikTok. La trame sonore est d’une médiocrité inégalée. Aucun soin n’a été apporté aux effets spéciaux. Le montage est tellement hyperactif qu’il devient rapidement exécrable. Un adjectif qui convient parfaitement à chacune des séquences d’action. Spécialement le clou du spectacle, qui comprend notamment la plus mauvaise course poursuite de l’année.

On comprend que Cohn avait des moyens limités, et qu’une grosse partie du budget se trouve dans les talents qui se trouvent devant la caméra. Mais Vendetta n’arrive même pas à réussir certains éléments de base. Un navet recommandable que pour certains spectateurs avertis, et seulement pour eux…

Vendetta (2022)
1.5

Résumé

Un échec sur presque toute la ligne, l’image du reste de la filmographie de ce bon vieux Willis.

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