[Critique] Uncharted (2022)

S’il y avait bien une franchise de jeux vidéo qui était destinée à une adaptation réussie au cinéma, c’était bien Uncharted. Avec une intrigue et une ambiance à la croisée des chemins entre Indiana Jones et Tomb Raider, il ne fallait que suivre les indices menant à une relecture réussie de Uncharted. Des indices que personne ne semble avoir remarqués…

Le débrouillard Nathan Drake est recruté par le chasseur de trésors chevronné Victor « Sully » Sullivan pour récupérer une fortune perdue depuis 500 ans. Les deux hommes doivent apprendre à travailler ensemble dans une course contre la montre aux quatre coins du globe, face à un homme d’affaires prétendant être l’héritier légitime du trésor…

Uncharted n’a pas confiance en nous et en lui-même. Les premiers instants sont constitués d’un montage d’un moment important du troisième acte du film. Ensuite, on retourne dans le passé dans l’enfance de notre héros, pour après revenir dans le présent. Enfin dans un présent se situant dans le passé… Un choix de montage qui révèle une peur que l’on quitte le cinéma face à un ennui probable. Mais qui peut révéler aussi une faiblesse des cinq scénaristes derrière Uncharted. Personne n’a su trouver une façon d’introduire ce héros. Prenons le premier Indiana Jones. En deux séquences, nous découvrions que Indy était un homme d’action et un érudit universitaire. Dans Uncharted, en deux séquences, nous apprenons que Nathan Drake est un homme maladroit sur le point de mourir et qu’il était un délinquant juvénile.

Le défaut le plus important du divertissement se trouve justement là. Incapable de présenter son personnage principal. Incapable de faire de même avec son fidèle acolyte. Incapable de raconter une histoire. C’est des qualificatifs décrivant bien le scénario d’Uncharted. On peut pardonner à une certaine maladresse, mais ici on frise le ridicule. Le divertissement est la copie d’une copie d’une copie. Tout y a déjà été vu une bonne centaine de fois. Même l’aspect « chasse au trésor » ne reçoit pas une attention particulière alors que la moindre source d’originalité provient d’un placement de produit.

Et oui, le moment le plus original et le plus tendu d’Uncharted arrive lors d’une expédition dans une célèbre chaîne de restauration américaine. Ruben Fleischer (Venom), l’homme à tout faire de Sony Pictures, est pourtant un habitué des superproductions hollywoodiennes. Se cambrant dans des effets visuels afin de tenter de se sortir du pétrin, le cinéaste tente d’enchaîner les séquences spectaculaires, jusqu’à un affrontement final à mi-chemin entre Sahara et Pirates of the Caribbean. Le moment le plus épique arrive bien plus tôt, étant littéralement tiré d’une séquence des jeux vidéo. C’est peut-être pour cela qu’elle est utilisée à plusieurs reprises dans le film…

Sinon, devant la caméra, Tom Holland et Mark Wahlberg sont tout simplement trop jeunes. L’un est choisi pour surfer sur la vague de Spider-Man et l’autre pour toucher un certain public. Les deux hommes sont assez sympathiques, voire attachants. Ils sont une bonne chimie, même s’ils ne peuvent qu’explorer en surface Nate et Sully…

Uncharted n’est pas un mauvais film en soi. Il est juste paresseux. Si paresseux qu’il devient mauvais et ennuyeux à certaines occasions. Une œuvre capable de divertir une vieille mamie, mais qui ne saura satisfaire un cinéphile ou un amateur de la saga PlayStation.

Uncharted (2022)
2

Résumé

Adaptation peu fidèle d’une saga pourtant bien riche…

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