[Critique] Thor: Love and Thunder (2022)

Après une transformation physique remarquée lors du dernier Avengers, Thor est de retour sur nos écrans de cinéma. Dans une époque post-pandémie, alors que cette industrie reprend du poil de la bête. Thor: Love and Thunder a la lourde tâche de ramener des fesses dans les salles obscures en plus de parvenir à créer la toute première quadrilogie chez la bannière Marvel. Mais est-ce une réussite ?

La retraite de Thor est interrompue par un tueur galactique connu sous le nom de Gorr, qui cherche l’extinction des dieux. Pour combattre cette menace, Thor demande l’aide du roi Valkyrie, de Korg et de l’ex-petite amie Jane Foster, qui – à la surprise de Thor – manie inexplicablement son marteau magique, Mjolnir, en tant que Mighty Thor. Ensemble, ils se lancent dans une aventure cosmique déchirante afin de découvrir le mystère de la vengeance du Boucher des Dieux et de l’arrêter avant qu’il ne soit trop tard.

Thor: Love and Thunder marque le retour de Taika Waititi derrière la caméra. Une première dans l’histoire de la franchise et le cinéaste en profite pour étendre plus profondément son emprise sur le personnage. Sa recette ici est de doubler tous les éléments qui ont fait de Thor: Ragnarok un succès, et d’y insérer une histoire d’amour. Cependant, le divertissement a deux cartes supplémentaires dans sa main, le personnage de Gorr (Christian Bale) et le retour de Jane Foster (Natalie Portman).

Sans rien dévoiler, ces deux additions apportent leurs lots de noirceur à un cinéaste qui tente par tous les moyens de nous faire décrocher avec un humour propre à lui. Hélas, nous avons un film qui est incapable de trouver son juste équilibre et de prendre véritable son envol. D’un côté, Bale est excellent dans le rôle de Gorr. Il a de loin le personnage le plus intrigant de l’ensemble. C’est dommage qu’il soit si peu utilisé, bien que l’acteur profite de chacune de ses minutes à l’écran pour marquer les esprits. Cependant, il manque des scènes cruciales pour faire de cet antagoniste un ennemi mémorable dans l’histoire du Marvel. Thor: Love and Thunder préfère nous raconter les exploits de Gorr, plutôt que de nous les montrer. Une stratégie compréhensible, afin de ne pas effrayer un jeune public.

Et de l’autre côté, le retour de Natalie Portman est assez intrigant. Absente de ce rôle depuis plusieurs années, elle revient pour des raisons mystérieuses. L’actrice est peut-être ici afin de conclure son arc narratif ou de profiter de la chance pour travailler avec un réalisateur en vogue à Hollywood. Quoi qu’il en soit, le personnage de Jane Foster est plus radieux que jamais. S’inspirant d’une histoire récente de Marvel, Thor: Love and Thunder utilise Foster comme point d’ancrage émotif pour un Thor, qui agit toujours comme l’idiot qu’il est en train de devenir. C’est d’autant plus notable que nous ressortons de Thor: Love and Thunder avec le regret que l’œuvre ne soit pas dédiée à Portman et au Mighty Thor, plutôt qu’au Thor originel.

Ici se trouve le principal problème de Thor: Love and Thunder. Son personnage principal et sa quête ne sont, en réalité, que médiocres. Chris Hemsworth est parfait dans ce rôle. Sauf qu’au climax final du divertissement, sa présence est réduite à être l’idiot de service. Ce qui était précédemment drôle, mais dans Thor: Love and Thunder, cela devient insupportable. D’autant plus que le scénario nous propose parfois de marteler les mêmes blagues, encore et encore. Hélas, si c’est un échec à la première tentative, toutes les suivantes le seront autant. Et tout le temps consacré à cet humour vient bouffer du temps à un film dont la durée ne dépasse pas les deux heures, génériques inclus. Il faut à peu près une heure pour mettre en route la quête de Thor, ne laissant que 60 minutes pour suivre les aventures du Dieu du Tonnerre. Des péripéties qui ne consistent qu’à s’arrêter brièvement sur une planète avant d’affronter le méchant dans un combat final palpitant…

Thor: Love and Thunder est un film magnifique à regarder. Hélas, c’est le genre de divertissement facilement oubliable, la faute à un texte mal peaufiné. Tandis que l’on voit des acteurs offrirent des performances incroyables, nous sommes forcés de constater qu’il y a un excellent film sous Thor: Love and Thunder. Malheureusement, ce n’est pas celui-là qui nous est présenté à l’écran.

Thor: Love and Thunder (2022)
2.5

Résumé

Le Dieu du Tonnerre manque d’éclairs dans le quatrième volet de sa saga cinématographique…

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